Allemagne : la croissance du marché profite à la filière vin
Avec des exportations en hausse de 25% et des ventes de vins florissantes sur le marché intérieur, l’Allemagne engrange les succès. Le développement de son marché du vin pourrait bénéficier aux vins français. « Les Français ont beaucoup à apprendre des vignerons allemands », affirmait récemment le magazine d’outre-Rhin Wirtschaftswoche, évoquant les difficultés économiques de la filière vin française et les pertes de marché à l’exportation essuyées par la France ces dernières années. L’affirmation peut sembler cruelle pour nous Français. Force est de constater cependant que la filière vin allemande accumule actuellement de très bons résultats, tant sur son marché intérieur qu’à l’exportation.
Après une année 2006 marquée à la fois par la Coupe du Monde organisée sur son sol (deux millions de vins allemands sous licence FIFA vendus) et par des exportations qui avaient atteint les 290 millions de litres pour 561 millions d’euros, l’Allemagne est en passe de battre un nouveau record. Les ventes de vins allemands sur les marchés étrangers ont déjà atteint pour les six premiers mois de 2007 150 millions de litres pour un chiffre d’affaires de 305 millions d’euros, soit une hausse de 25% par rapport à la même période de l’année dernière. Les résultats du premier semestre 2007 laissent espérer à la filière vin allemande une performance au moins égale à celle de 2006. Les professionnels allemands se félicitent de voir le succès de leurs rieslings sur le marché international et soulignent que la qualité de leurs vins est désormais reconnue dans nombre de concours internationaux. Les vins allemands se valorisent désormais mieux à l’exportation.
Sur le marché intérieur, les ventes de vins nationaux ont progressé de 2,8% en volume et de 3% en valeur durant le premier semestre 2007, selon l’institut d’études de marché GfK. La vendange 2007, de qualité et en hausse de 8% par rapport à la moyenne à 10,5/11 millions d’hl a satisfait les vignerons allemands qui craignaient de ne pas pouvoir satisfaire toute la demande. Mais la bonne santé du marché du vin en Allemagne pourrait aussi bénéficier aux vins français. Si la part de marché des vins allemands en Allemagne a gagné 1% pour atteindre 51,9% au premier semestre 2007, les vins du Nouveau Monde ont reculé en volume (-4,8%) et plus encore en valeur (-12,1%). La France est le deuxième fournisseur étranger de vin en Allemagne, derrière l’Italie (2,4 millions d’hl contre 5,8 millions d’hl). L’Allemagne est devenue le premier marché européen en volume pour les Bordeaux avec 336 000 hl durant la campagne 2006/2007.
« On observe une croissance forte des vins blancs, rosés, des vins effervescents et des vins bios, indique la Mission économique française de Düsseldorf. La France peut mettre en avant son offre ». Les cavistes sont en plein développement outre-Rhin au détriment de la grande distribution et assurent une bonne valorisation (le prix moyen d’une bouteille de vin y serait de 6,20 euros). Un bon point pour les vignerons français d’autant que les cavistes allemands indépendants (au nombre de 4 000 environ) peuvent être démarchés directement. « Un travail commercial de terrain plus soutenu », « des étiquettes plus modernes » sont d’ailleurs conseillés par la Mission économique de Düsseldorf, qui estime que « la France, bien qu’adulée par les Allemands, doit se faire une nouvelle peau.»
source : viti-net.fr